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Temps aménagé : les universités publiques appliquent des frais unifiés à la rentrée 2026-2027

Depuis la rentrée 2026-2027, les universités publiques marocaines appliquent une grille unifiée de frais d'inscription pour les formations à temps aménagé destinées aux salariés et aux fonctionnaires : 5 000 dirhams par an en licence, 15 000 en master, 18 000 en bachelor, 20 000 en doctorat. La mesure, adoptée mi-juillet par la Conférence des présidents d'université au titre de la loi 59.24, est contestée par plusieurs syndicats et associations. Les exonérations annoncées ne sont pas encore arrêtées.

Par AtlarisPublié le 30-09-2026Vérifié le 30-09-2026

Reprendre ses études à l'université publique marocaine tout en travaillant a désormais un prix affiché. Depuis la rentrée 2026-2027, les universités appliquent une grille unifiée de frais d'inscription pour les formations dites à temps aménagé — celles dont les cours sont programmés le soir ou le week-end pour être compatibles avec un emploi.

Les montants, identiques d'une université à l'autre, sont les suivants : 5 000 dirhams par an pour une licence, 15 000 pour un master, 18 000 pour un bachelor et 20 000 pour un doctorat, dans ce dernier cas pendant les quatre premières années.

Qui décide, et sur quelle base

La grille a été « actée mi-juillet par la Conférence des présidents d'université sur la base de la loi 59-24 », puis reprise par les conseils d'université un à un. La loi 59.24, entrée en application en 2026, autorise les formations payantes en temps aménagé et en formation continue.

L'Université Chouaïb Doukkali d'El Jadida avait ouvert la voie en juillet en annonçant ces montants pour un dispositif ouvert à « les fonctionnaires, les salariés, les professionnels libéraux ainsi que toute personne souhaitant poursuivre des études tout en exerçant une activité professionnelle ». L'université précisait alors que « ces frais ne pourront être remboursés qu'en cas de non-ouverture de la formation ».

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui, a déclaré qu'« il n'est pas possible de revenir en arrière ».

Ce qui n'est pas tranché : les exonérations

Deux exonérations ont été annoncées, mais aucune n'était formalisée à la fin du mois de septembre.

  • Le ministre a annoncé l'exonération des fonctionnaires du secteur de l'enseignement supérieur.
  • La Conférence des présidents d'université a annoncé une exonération pour « les salariés et fonctionnaires dont le revenu mensuel ne dépasse pas le salaire minimum ».

Au 5 août, une source de l'université de Fès indiquait qu'« aucun accord n'a encore été trouvé entre les établissements sur un taux d'exonération uniforme ». Nous n'avons trouvé, au 30 septembre, aucun texte ministériel publié fixant la grille ni les conditions d'exonération. Avant de s'inscrire, la question se pose donc à l'établissement, par écrit.

Une mesure contestée

La Ligue marocaine pour la défense des droits de l'Homme a adressé le 7 août une lettre ouverte au ministre, réclamant « la suspension immédiate du système actuel » et l'ouverture d'un débat national. Le 14 août, la Fédération nationale de l'enseignement (UMT) a demandé au ministère et au gouvernement « à revenir rapidement sur cette décision », estimant que « l'accès à la formation universitaire ne devrait en effet pas devenir tributaire des capacités financières des fonctionnaires ». En septembre, les fonctionnaires des universités ont boycotté la rentrée et observé deux grèves de 72 heures, en réclamant notamment la gratuité pour les agents du secteur.

La Conférence des présidents d'université a répondu le 9 août que « la gratuité des études en régime ordinaire demeure pleinement garantie » — c'est-à-dire pour les étudiants suivant les cours aux horaires habituels — et que les recettes sont affectées à 40 % au fonctionnement et à l'investissement, à 60 % à la recherche. Pour Ali Ahaitouf, directeur de l'École normale supérieure de Fès, « les droits d'inscription doivent être considérés comme une contribution aux coûts supplémentaires liés à la mise en œuvre de ces formations ».

Ce que nous observons dans les tarifs publiés

Cette grille ne décrit pas tout ce que paie un salarié à l'université publique. Notre catalogue référence, au 30 septembre 2026, 68 formations de facultés et d'écoles publiques dont l'établissement publie lui-même le tarif, toutes en cours du soir, en week-end ou à horaires aménagés. Rapportés à l'année, ces tarifs vont de 15 000 à 27 500 dirhams, avec une médiane à 25 000.

L'écart avec la grille s'explique d'abord par la nature du diplôme : 58 de ces 68 formations sont des diplômes d'université — licences professionnelles d'université, masters d'université —, délivrés par l'établissement et non des diplômes nationaux. Leur tarif est fixé par l'université, formation par formation. C'est une distinction à vérifier avant de s'engager, car elle porte à la fois sur le prix et sur la valeur du diplôme obtenu.

Quelques repères tirés des tarifs publiés par les établissements eux-mêmes :

ÉtablissementTarif publié, rapporté à l'année
FSJES Souissi (Rabat)15 000 DH
FEG Kénitra15 000 à 20 667 DH
EST Kénitra18 000 DH
FSJES Oujda20 000 DH
FSJES Aïn Chock, Mohammedia, Aïn Sebaâ (Casablanca)25 000 DH
EST Casablanca20 000 à 27 500 DH

Ce que disent les avis des universités — et ce qu'ils taisent

Les appels à candidature publiés en septembre confirment que le prix n'est pas encore une information publique, alors même que les inscriptions sont ouvertes.

La Faculté des sciences de Meknès a prolongé sa campagne : la candidature au master en temps aménagé, ouverte « aux fonctionnaires et salariés titulaires d'une Licence scientifique ou d'un diplôme équivalent », est « prolongée jusqu'au Dimanche 04 Octobre à minuit », sur la plateforme de l'université. L'avis liste treize masters accrédités — et trois de plus « en cours d'accréditation », ce qui, pour un candidat, n'est pas la même chose. Il ne mentionne ni montant, ni horaire des cours, ni date de rentrée.

Le portail du temps aménagé de l'Université Hassan 1er de Settat, qui couvre huit établissements, est plus explicite sur l'organisation : les enseignements y sont décrits comme « des cours programmés après 16h et durant les week-ends », pour des formations « destinées aux fonctionnaires, salariés et professionnels en activité ». Sur le prix, il indique seulement qu'« une contribution financière est nécessaire lors de l'inscription définitive », en renvoyant à une résolution du conseil de l'université, sans chiffre.

Ce qu'il faut faire avant de s'inscrire

  1. Demander par écrit le montant total, et pour quelle durée. Un tarif annoncé « par an » et un tarif « pour tout le cursus » ne se comparent pas.
  2. Demander si l'exonération vous concerne, et sur quelle pièce justificative elle est accordée : rien n'est publié à ce jour.
  3. Vérifier la nature du diplôme : diplôme national ou diplôme d'université. Les deux existent en temps aménagé, et ils n'ont pas la même portée.
  4. Vérifier ce que le tarif ne couvre pas. Notre étude sur le coût réel des formations montre qu'aucune formation du catalogue ne documente à ce jour un coût complet : frais d'examen, certifications, déplacements restent rarement écrits.
  5. Regarder les aides possibles : le guide du financement de la formation continue et le simulateur de prise en charge donnent les dispositifs existants côté employeur.
Les montants de la grille et les annonces d'exonération proviennent de la presse marocaine d'août 2026 ; nous n'avons trouvé aucun texte officiel publié les fixant. Les tarifs du tableau sont ceux que chaque établissement publie sur son propre site, relevés par Atlaris et datés sur chaque fiche. Information vérifiée le 30 septembre 2026.

Sources

  • Grille unifiée et exonérations à l'étude : Hespress (5 août 2026).
  • Adoption mi-juillet par la Conférence des présidents d'université, déclaration du ministre : Le Matin (6 août 2026).
  • Réponse de la Conférence des présidents d'université : Le Matin (9 août 2026).
  • Lettre ouverte de la Ligue marocaine pour la défense des droits de l'Homme : Le Matin (8 août 2026).
  • Position de la Fédération nationale de l'enseignement (UMT) : Le Matin (14 août 2026).
  • Dispositif de l'Université Chouaïb Doukkali : Hespress (23 juillet 2026).
  • Point de vue d'un directeur d'établissement : La Vie Éco (17 août 2026).
  • Appel à candidature au master en temps aménagé, prolongé au 4 octobre : Faculté des sciences de Meknès (28 septembre 2026).
  • Organisation et contribution financière : portail du temps aménagé de l'Université Hassan 1er (consulté le 30 septembre 2026).

Questions fréquentes

Les études à l'université publique deviennent-elles payantes ?

Non, pas en régime ordinaire. La Conférence des présidents d'université a rappelé le 9 août 2026 que « la gratuité des études en régime ordinaire demeure pleinement garantie ». Les frais annoncés portent sur les formations à temps aménagé, dont les cours sont programmés hors des horaires habituels.

Suis-je exonéré si je gagne le salaire minimum ?

C'est ce qu'a annoncé la Conférence des présidents d'université en août 2026. Aucun texte publié ne le confirmait au 30 septembre, et aucun taux uniforme n'avait été arrêté entre établissements. Posez la question par écrit à l'université avant de payer.

Pourquoi certains tarifs dépassent-ils les montants annoncés ?

Parce que la grille et les tarifs publiés ne portent pas toujours sur la même chose. Une grande partie des formations pour salariés que nous référençons sont des diplômes d'université, dont le tarif est fixé par l'établissement. Vérifiez toujours la nature du diplôme et la durée couverte par le montant annoncé.

Ces formations ont-elles lieu le soir ou le week-end ?

Les deux existent. Le catalogue Atlaris distingue les formations en cours du soir et celles en week-end. L'horaire exact des séances n'est presque jamais publié : c'est une question à poser à l'établissement.

Pour aller plus loin