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Loi 59.24 : où en est la réforme de l'enseignement supérieur ? (juin-juillet 2026)

Deux mois après l'entrée en application de la loi 59.24, deux nouveautés : un décret publié fin juin 2026 réorganise la carte universitaire nationale, avec l'éclatement de la faculté pluridisciplinaire de Nador en quatre établissements ; puis, le 22 juillet 2026, le gouvernement a adopté trois décrets renforçant la gouvernance des universités, dont un fixant la nomination du directeur administratif et financier. Leur portée reste avant tout administrative, pour les universités publiques.

Par AtlarisPublié le 03-08-2026

La loi n° 59.24, qui réforme l'enseignement supérieur marocain, est entrée en phase d'application en 2026. Deux mois après notre premier point, plusieurs décrets d'application ont été publiés ou adoptés, précisant sa mise en œuvre sur le terrain.

Deux chantiers structurent l'actualité de ces dernières semaines : la refonte de la carte universitaire, d'un côté, et le renforcement de la gouvernance des établissements, de l'autre. Aucun des deux ne modifie les mesures déjà connues — fin du concours d'accès au master, universités numériques — mais ils précisent comment la loi se traduit concrètement, région par région et université par université.

La carte universitaire se redessine

Le décret n° 2.25.561, publié au Bulletin officiel n° 7521 du 29 juin 2026, actualise le décret fondateur de 1991 et engage une réorganisation territoriale de la carte universitaire nationale, pour l'adapter aux évolutions démographiques et économiques des régions. Il a été signé par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch et contresigné par le ministre de l'Enseignement supérieur Azzedine El Midaoui. Concrètement, la carte universitaire fixe l'implantation des facultés et établissements publics sur le territoire national : sa révision détermine où ces structures se réorganisent, région par région.

Sa mesure la plus visible : l'éclatement de la faculté pluridisciplinaire de Nador en quatre établissements distincts.

Les formations existantes dans les structures concernées — faculté pluridisciplinaire de Nador, facultés de sciences juridiques, économiques et sociales de Fès, Oujda, Marrakech, El Kelâa des Sraghna, Tétouan et Tanger, collèges pluridisciplinaires de Safi et d'Al Hoceima — continuent d'être délivrées jusqu'à l'épuisement de leurs cycles. En clair : les étudiants déjà inscrits terminent normalement leur parcours dans les structures actuelles, sans rupture ni transfert forcé.

Trois nouveaux décrets sur la gouvernance

Le 22 juillet 2026, le Conseil de gouvernement, présidé par Aziz Akhannouch, a adopté trois projets de décret en application de la loi 59.24, présentés par le ministre Azzedine El Midaoui. Ce mouvement s'inscrit dans l'un des objectifs affichés de la réforme : renforcer la gouvernance des établissements d'enseignement supérieur. Le Conseil de gouvernement est l'instance qui examine et adopte les projets de décret avant leur publication au Bulletin officiel.

L'un de ces textes, le décret n° 2.26.328, fixe les conditions et modalités de nomination du directeur administratif et financier de l'université. Les deux autres décrets du même lot portent également sur le renforcement de la gouvernance de l'enseignement supérieur — nomination de responsables, indemnités de fonction — sans que leur contenu détaillé soit à ce stade précisé publiquement.

Ces décrets de gouvernance touchent avant tout l'organisation interne des universités publiques : nomination de responsables, indemnités de fonction. Leur portée directe pour un candidat au bac ou un étudiant du privé reste limitée, contrairement aux mesures de la loi elle-même — fin du concours d'accès au master, universités numériques — déjà détaillées dans notre article précédent. Information vérifiée en août 2026.

Sources

  • Décret sur la carte universitaire (juin 2026) : Le Matin.
  • Décrets de gouvernance (juillet 2026) : Médias24.

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