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Bourse de l'enseignement supérieur (ONOUSC) : qui n'y a pas droit
Dans sa version archivée de 2021, le portail national écartait les fonctionnaires, les employés et toute activité professionnelle ou commerciale ; aujourd'hui, l'ONOUSC ne redit cette exclusion que pour les 2e et 3e cycles. Le palier 1, lui, se demande l'année du baccalauréat. Ce que disent les conditions publiées, et ce qui reste finançable autrement.
Par AtlarisPublié le 19-08-2026
Vous travaillez, vous envisagez de reprendre des études, et quelqu'un vous a parlé de « la bourse ». Le mot circule comme s'il désignait une aide unique, ouverte à toute personne qui étudie. Ce n'est pas ce que disent les conditions publiées. La bourse de l'enseignement supérieur, dont l'Office national des œuvres universitaires, sociales et culturelles (ONOUSC) publie les montants et les conditions, est organisée en paliers, et ses conditions écrites visent deux éléments qui, dans votre cas, décident presque tout : ce que vous faites de vos journées, et l'année où vous avez passé votre baccalauréat. Mieux vaut le savoir avant de bâtir un plan de financement dessus.
Si vous êtes salarié ou fonctionnaire, la condition est écrite
Le portail national des demandes de bourse (minhaty.ma), dans sa version archivée du 3 août 2021, énonce que « les fonctionnaires, les employés et toute personne exerçant une activité professionnelle ou commerciale n'ont pas droit à la bourse ». La phrase clôt la liste des conditions du palier 1, mais la définition donnée en haut de la même page ne distingue aucun palier : la bourse y est présentée comme une aide financière accordée aux étudiants « non fonctionnaires ou non employés » pendant leurs études universitaires.
Et l'exclusion n'est pas restée dans les archives. En 2026, l'ONOUSC réserve toujours les bourses de deuxième et de troisième cycle aux étudiants « non fonctionnaires ou employés ». Pour le doctorat, la page ajoute que l'attribution a pour critère l'excellence académique. Une réserve d'honnêteté : la formulation la plus large, celle qui couvre aussi l'activité commerciale, nous vient d'une archive de 2021, pas d'une page vivante.
Le baccalauréat de l'année en cours, second verrou
La note ministérielle conjointe n° 26-068 du 13 juillet 2026, qui organise la campagne 2026-2027, demande que le candidat soit titulaire du baccalauréat « de l'année scolaire en cours ». La campagne est réservée aux bacheliers de l'année scolaire 2025-2026, scolarisés ou candidats libres, avec un dépôt des demandes du 15 juillet au 18 octobre 2026.
Une bourse de palier 1 se demande donc au moment du bac. Pas trois ans après, pas dix ans après. Le dispositif est construit pour un flux annuel de nouveaux bacheliers, pas pour un retour aux études.
Même logique pour l'âge. La note exige que l'âge du candidat « ne dépasse pas 26 ans à la date de passage de l'examen de la session normale du baccalauréat de l'année scolaire en cours ». L'âge s'apprécie au bac, pas au dépôt du dossier : la nuance est souvent mal rapportée. Ne prenez pas ce seuil au jour près, les formulations officielles ne sont pas identiques — le portail minhaty écrivait « moins de 26 ans » à la date des examens du baccalauréat, là où la note écrit « ne dépasse pas 26 ans ».
Il n'y a pas « une » bourse, il y a des paliers
Parler de « la bourse ONOUSC » au singulier fait disparaître les différences de règles. La bourse est organisée en trois paliers selon le niveau d'études : palier 1 (licence, licence professionnelle, doctorats en médecine, pharmacie et médecine dentaire, ingénieur d'État), palier 2 (master, master spécialisé, spécialités médicales), palier 3 (doctorat).
Les montants annuels de la bourse complète, pour les étudiants qui poursuivent leurs études au Maroc, sont de 6 334 DH, 7 334 DH et 12 154 DH. Ce tableau est fixé par l'annexe du décret 2.12.618 publiée au Bulletin officiel n° 6105 du 3 décembre 2012, et l'ONOUSC affiche aujourd'hui ces trois montants, palier par palier, sur ses pages de premier, deuxième et troisième cycle. La version archivée du portail national rattachait pour sa part le montant du palier 1 à l'annexe d'un décret plus récent, le décret 2.18.512 du 15 mai 2019 — un texte que nous n'avons pas pu lire.
Le type d'établissement est le deuxième point que le singulier efface. L'Université Cadi Ayyad de Marrakech, qui relaie les règles de la bourse, présente aujourd'hui, parmi les conditions, le fait d'« être inscrit dans un établissement d'enseignement supérieur public ou dans un centre de formation professionnelle ». La version arabe de la même page dit exactement la même chose, ce n'est donc pas un effet de traduction. Nous rapportons ici ce que publie cette université, pas le texte réglementaire lui-même. La version archivée du portail national listait déjà, en 2021, l'inscription et la poursuite des études dans un établissement d'enseignement supérieur public parmi les conditions du palier 1.
Qui décide, et ce que nous n'avons pas pu lire
La note ministérielle conjointe n° 26-068 rapporte que le décret n° 2.23.564, publié le 13 juillet 2023 pour modifier et compléter le décret n° 2.18.512 du 15 mai 2019, confie la décision sur les demandes et l'arrêt des listes de bénéficiaires à une commission ministérielle, à la place des commissions provinciales, et lui donne notamment le pouvoir de fixer le seuil d'éligibilité et les modalités de répartition pour chaque année universitaire. La même note présente le ciblage par le Registre social unifié, en application de la loi 72.18, comme s'appliquant aux bourses du palier 1 : la qualité de bénéficiaire est retirée à ceux qui annulent leur inscription à ce registre.
Nous n'avons pas pu lire le décret 2.18.512 lui-même. Le 4 août 2026, minhaty.ma, enssup.gov.ma et sgg.gov.ma n'ont pas répondu depuis notre environnement de vérification, et nous n'avons trouvé aucune copie archivée lisible de ce texte. Nous préférons le dire plutôt que de combler le trou par une paraphrase : c'est la règle que nous nous imposons, expliquée dans notre méthode et sur notre page transparence. Avant toute démarche, faites confirmer votre situation par l'établissement visé et par les textes en vigueur.
Ce qui reste possible
La bourse étudiante n'est pas le seul argent qui existe. Pour un adulte en activité, les circuits utiles sont ailleurs, et ils ne dépendent ni de votre âge ni de l'année de votre bac.
- Passer par les dispositifs de financement de la formation continue. Ils reposent sur votre situation professionnelle plutôt que sur votre statut d'étudiant. Le guide financer une formation continue au Maroc détaille qui finance quoi, et le simulateur de financement donne un ordre de grandeur de prise en charge — une estimation indicative, jamais un devis.
- Choisir un format compatible avec votre emploi, plutôt qu'un format qui vous obligerait à arrêter de travailler pour financer vos études. Voir reprendre ses études en travaillant et le catalogue des formations, filtrable par rythme.
- Sécuriser la valeur du diplôme avant de payer. C'est le vrai risque financier d'une reprise d'études : comprendre ce que « reconnu » veut dire et vérifier ce que déclare l'établissement.
- Négocier une participation avec votre employeur. Une formation qui sert le poste occupé se discute mieux qu'une reconversion, et la discussion se prépare avec un chiffrage, pas avec une intention.
- Savoir d'abord vers quoi vous allez. Un financement se cherche pour une formation précise. Le diagnostic d'orientation sert à cadrer la cible avant de chercher l'argent.
Questions fréquentes
Je travaille et je veux reprendre une licence. Puis-je demander la bourse ?
Les conditions publiées répondent directement : le portail national des demandes de bourse, dans sa version archivée de 2021, indique que les fonctionnaires, les employés et toute personne exerçant une activité professionnelle ou commerciale n'ont pas droit à la bourse. L'ONOUSC réserve encore aujourd'hui les bourses de deuxième et de troisième cycle aux étudiants « non fonctionnaires ou employés ». Votre activité professionnelle est donc la première question posée, avant même celle du niveau visé.
J'ai eu mon baccalauréat il y a plusieurs années. Puis-je encore demander la bourse de palier 1 ?
La note ministérielle conjointe n° 26-068 du 13 juillet 2026 demande un baccalauréat « de l'année scolaire en cours », et la campagne 2026-2027 s'adresse aux bacheliers de l'année scolaire 2025-2026, du 15 juillet au 18 octobre 2026. La même note apprécie la limite de 26 ans à la date de l'examen du bac, pas à la date de la demande. Une candidature différée ne rentre pas dans ce cadre.
La bourse peut-elle financer une formation dans un établissement privé ?
Nous ne pouvons pas répondre à partir du texte réglementaire lui-même : nous n'avons pas réussi à le charger. Ce que nous pouvons rapporter, c'est que l'Université Cadi Ayyad de Marrakech, qui relaie les règles de la bourse, publie parmi les conditions le fait d'être inscrit dans un établissement d'enseignement supérieur public ou dans un centre de formation professionnelle, en français comme en arabe, et que la version archivée du portail national listait la même condition pour le palier 1 en 2021. Pour un adulte en activité, la question se pose de toute façon après celle de l'activité professionnelle, qui est traitée explicitement par les conditions publiées.
Combien verse la bourse, quand on y a droit ?
Pour les étudiants qui poursuivent leurs études au Maroc, les montants annuels de la bourse complète sont de 6 334 DH au palier 1, 7 334 DH au palier 2 et 12 154 DH au palier 3. Ces montants figurent à l'annexe du décret 2.12.618 (Bulletin officiel n° 6105 du 3 décembre 2012) et sont affichés aujourd'hui par l'ONOUSC sur ses trois pages de cycle. Rapportés au coût d'une formation privée, ils ne constituent pas un plan de financement à eux seuls : pour un adulte en activité, le calcul utile se fait ailleurs, avec le simulateur de financement et le guide financer une formation continue au Maroc.
Sources
- Note ministérielle conjointe n° 26-068 du 13 juillet 2026, ministère de l'Intérieur et ministère de l'Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports — gestion des demandes de bourses 2026-2027 — baccalauréat de l'année en cours, âge qui « ne dépasse pas 26 ans » à la date de l'examen de la session normale, dépôt du 15 juillet au 18 octobre 2026 ; rapporte aussi le décret n° 2.23.564 du 13 juillet 2023 modifiant le décret n° 2.18.512 du 15 mai 2019, le transfert de la décision et de l'arrêt des listes à une commission ministérielle, sa compétence pour fixer le seuil d'éligibilité, et le ciblage par le Registre social unifié en application de la loi 72.18 pour le palier 1 (document consulté et lu le 4 août 2026)
- Portail national des demandes de bourse de l'enseignement supérieur (minhaty.ma), page « معلومات عامة », version archivée du 3 août 2021 — définition de la bourse (étudiants « non fonctionnaires ou non employés ») ; conditions du palier 1 : âge de « moins de 26 ans » à la date des examens du baccalauréat, inscription et poursuite des études dans un établissement d'enseignement supérieur public, et exclusion des fonctionnaires, des employés et de toute personne exerçant une activité professionnelle ou commerciale ; rattachement du montant du palier 1 à l'annexe du décret 2.18.512 (consultée le 4 août 2026)
- Université Cadi Ayyad de Marrakech, page « Bourses universitaires », consultée le 4 août 2026 — conditions relayées, dont l'inscription dans un établissement d'enseignement supérieur public ou un centre de formation professionnelle
- Université Cadi Ayyad de Marrakech, page « المنح الدراسية الجامعية », consultée le 4 août 2026 — mêmes conditions en version arabe
- ONOUSC, page « Bourses de premier cycle au Maroc », consultée le 4 août 2026 — montant annuel du palier 1 : 6 334 DH pour la bourse complète, 3 167 DH pour la demi-bourse
- ONOUSC, page « Bourses de deuxième cycle au Maroc », consultée le 4 août 2026 — bourse réservée aux étudiants non fonctionnaires ou employés, montant annuel de 7 334 DH
- ONOUSC, page « Bourses de troisième cycle au Maroc », consultée le 4 août 2026 — bourse réservée aux étudiants non fonctionnaires ou employés, attribuée sur critère d'excellence académique, montant annuel de 12 154 DH
- Bulletin officiel n° 6105 du 3 décembre 2012, décret n° 2.12.618 (article premier et annexe) — organisation en trois paliers et tableau des montants annuels : 6 334, 7 334 et 12 154 DH (consulté le 4 août 2026)